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BIOGRAPHIE
 

BIOGRAPHIE DE JOHN GALI

BIOGRAPHIE DE

JOHN GALI

n’allons pas chercher plus loin ce qui definit john gali. la ou d’autres se perdent dans des postures et attitudes vaines , john reste fidele a lui-meme et au hip hop. pas forcement le plus aise dans un pays ou l’on cultiverait plutot l’imagerie brutale du rap que sa valeur artistique.
la france est peut-etre un pays de rappeurs , mais elle cherche toujours encore son icone hip hop , ce soldat de la rue qui , comme ses modeles us saura transcender sa realite morose pour cree une musique imparable taillee pour les halls , les voitures et les clubs… un mec de quartier suffisamment elegant pour eviter de construire sa carriere sur les infortunes de ses voisins de palier , mais remarquablement doue pour mettre en lumiere son propre quotidien en rimes sensees , acerees et fluides. un soldat de la rue qui voit au-dela de l’avenue qui passe en bas de chez lui , un mc aussi a l’aise avec ses gars en bars qu’avec les ladies dans les clubs…
et le charismatique john gali repond a tous ces criteres. ses armes de choix ? un grain de voix unique , un debit fluide et une oreille qui le pousse a n’accepter de se placer que les meilleurs beats hip hop , notamment ceux de dj poska et de dj doze pour creer la colonne vertebrale de son premier album , le jour g , chez big broz recordz.

le mc de vitry-sur-seine ( 94 ) a suffisamment d’experience pour savoir que l’on n’autorise pas les rappeurs a plusieurs de tentatives pour s’imposer. la seconde chance est un privilege , rare , voire une utopie dans le hip hop francais. alors , avant d’achever un premier album soigneusement concu et realise , john gali , figure du hip hop underground francais , a multiplie les apparitions , les titres solos et les participations aux disques des autres ou compilations. mais le biz est rude parfois meme plus que la rue malgre l’air poli que peuvent lui donner ses costards-cravates… il a fallu bosser , serrer les dents et garder la foi en attendant son tour de briller que beaucoup attendaient bien plus tot…
en effet , john gali est un enfant du hip hop. un vrai. made in timal , comme il se decrit lui-meme , le jeune garcon tout juste arrive en metropole met peu de temps avant de plonger dans le hip hop. il faut dire qu’il n’a pas atterri n’importe ou : vitry-sur-seine , dans le 94 , l’un des bastions historiques du hip hop en france au meme titre que les 18eme et 19eme arrondissements parisiens , saint-denis ou encore les quartiers nord de marseille.
des le milieu des annees 80 , la ville de vitry s’est pris un gros coup de fievre hip hop qui ne devait jamais plus l’abandonner. lionel d , ejm , le mouvement authentique… pour le jeune leo , les mecs d’en bas etaient tout simplement des legendes et il n’allait pas tarder a les rejoindre. s’attelant d’abord a maitriser le tag et la danse ( des passages obliges pour le cercle hip hop exigeant de vitry… ) , leo finit par rejoindre la mafia underground , le crew des little ( le groupe culte compose du mc rl , du celebre producteur - rappeur sulee b wax et du dj - producteur sek qui devait fonder quelques annees plus tard le mythique label time bomb ) au debut des annees 90. il y cotoie la rappeuse ste strausz , david bordey mais egalement le mc et futur producteur don silver avec son groupe noxious… il y a pire pedigree…
leo apprend. il fait ses classes en tant que back hip hop ( choriste ) , en studio et en tournee. mais bien vite , son charisme naturel , sa voix eraillee et profonde et son sens du flow le poussent sur le devant de la scene. les scenes , meme : celle du new morning a paris , celle de bercy avant mobb deep ou celles d’une tournee avec oxmo puccino , les n.a.p , en soutien de ste… leo le vauss ( le cerveau ) est devenu da maad fungusth. meme si le pseudo est quasi imprononcable , les rimes et le son marque. apres des participations aux projets de la mafia underground , il revele son talent en 1996 avec les spots bleus , un titre solo pose sur la premiere compilation hip hop du label hostile , hostile hip hop , qui revelait egalement arsenik , les x-men ou lunatic ( une collection reconnue par la presse specialisee comme l’une des trois plus importantes de l’histoire du rap francais )
officiellement , devenu john gali , le rappeur enchaina alors les apparitions notables sur des compilations ou disques marquants : avec le groupe r et b n’ groove sur 24 carats ou encore les b.o. de taxi ( premier du nom , en 1998 ) ou de old school sur un titre glorieux reunissant john gali , diam’s et eloquence. john gali enchaine alors maxis ( musical anarchy ) et mixtapes ( en invite ou en vedette… ) .

la mafia underground de vitry-sur-seine disloquee ( meme si ses membres originels continuent de se croiser sur disque a l’occasion ) , john gali se lie avec dj poska , l’un des plus celebres dj’s hip hop de france. apres avoir bosse dans l’ombre et servi l’underground , les deux comperes passent finalement a la vitesse superieure. le dj s’associe a son ami cyril allouche ( activiste hip hop mais aussi createur et patron de la dynamique agence de communication bullet ) et a dj doze pour creer le label big broz recordz , a l’esthetique hip hop revendiquee , qui traite lyrics et musique sur le meme pied. les grands esprits se rencontrent donc et john gali devient la premiere signature du label , son album le premier de la jeune maison de productions hip hop.
le jour g sort debut 2006. un disque muri , reflechi et peaufine qui sied parfaitement a la direction affichee par big broz recordz. un album qui a grandi avec son auteur , qui reflete a la fois ses experiences , son evolution et sa nature profonde. un manifeste hip hop qui n’a rien d’un premier album tant il est maitrise. john gali ne cache rien et c’est finalement en cela que son album sonne plus juste que n’importe quel disque que n’importe quel mc qui repete ad lib qu’il reste vrai. john gali ne repete rien , il prouve.
il assume son penchant pour les hymnes dancefloor ( hip hop bien sur ) comme sur hot gal ou dancehall night avec le redoutable jacky brown de neg’ marrons , mais aussi sa faiblesse pour les ladies les plus elegantes , revient sur ses reves , ses erreurs et ses accidents de parcours sans miserabilisme ( dans la peau d’un bonhomme ) .
pour gali , un album n’est pas une collection de titres mais un morceau de soi , un bout de vie. le jour g devoile un mc au registre enrichi a l’ecoute du sucre , bouncy et nostalgique sur made in timal , un homme concerne sur ghetto queens ou un pere attentionne a l’occasion. mais on ne lutte pas contre sa nature et le rappeur profite d’un instrumental redoutable de sulee b wax pour ecrire l’hymne 1000 hip hop
on savait john gali talentueux et habile , un mc au-dessus de la norme. lettre a france revele un jeune homme de banlieue concerne et totalement inspire. le titre , reprenant les arpeges de lettre a france de michel polnareff , est un enorme pave jete du haut des tours dans la mare du rap francais. un flow technique pose sur des notes de piano , une metaphore habile qui evoque le rapport entre un jeune homme de banlieue , et sa terre d’adoption , le tout servi par une interpretation parfaite et saisissante. le point d’orgue d’un disque sur lequel john gali se revele pleinement , en accord avec lui-meme , sa musique et ses aspirations.

et si vous ne savez toujours pas comment decrire le hip hop , le premier album de john gali , le jour g , en est une definition plus que precise. faites tourner… sortie debut 2006.




 
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